[événement] Festival Peiz in Kreiz Breizh

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Après un lever au clairon à 6h00 du mat et quelques heures de roots, autoroutes, petites routes et sentiers nous arrivâmes en Kreiz Breiz le pays que les druides surnommaient le Centre Bretagne (quasiment le centre du monde ou presque). Accueil convivial, installation après une assiette de cochonnaille locale, et c’est parti ! Le Peiz in Kreiz Breizh festival, littéralement festival des « paysans du centre Bretagne », est un événement qui promeut l’agri-culture ainsi que l’animation du milieu rural. Il se déroule chaque année sur une nouvelle ferme et contribue ainsi à la mise en valeur d’un environnement trop souvent perçu comme un simple lieu d’exploitation agricole. Autour du festival ce sont pièces de théâtre, contes, ateliers de jeux, concerts et débats citoyens qui s’entrelacent l’occasion d’un weekend. Une spécificité cette année : des débats et ateliers d’expression populaire organisés autour de la ruralité.
Avec une facilité déconcertante on monte l’expo photo, toujours nos bambous et nos ficelles mais une installation un peu mieux maitrisée, et on commence l’animation. Les regards des gens, qui prennent le temps de faire le tour de l’expo et d’en discuter, font ressortir un constat intéressant : des questions que nous nous posons autour de la consommation sont partagées. Bon nombre de personnes, issues du monde rural (ou elles-mêmes de famille paysanne), nous ont tout d’abord exprimé une solidarité spontanée envers les travailleurs dans les plantations de thé. Comprenant très bien les rouages et les méfaits de l’agrobusiness (pour elles-mêmes les vivre au quotidien), elles nous ont fait part de leurs réflexions et de leurs velléités envers les multinationales du thé.

L’agriculture paysanne peine à s’imposer face à une agriculture industrielle et intensive que cela soit au Sri Lanka comme au fin fond de la Bretagne. Agriculture quoi ?!!??!
« L’agriculture paysanne est une curieuse idée de l’agriculture qui s’inscrit dans les critères de durabilité, de respect de l’environnement et de conservation du tissu social ».
Les difficultés rencontrées notamment dans l’accès à la terre et au foncier, les possibilités de changement d’un environnement conservateur ou la prise de décision politique à l’échelle d’un territoire sont des obstacles à l’amélioration des conditions de vie sont vécus, certes à des niveaux différents, mais au combien réels et similaires à la fois au Sri Lanka et chez nous dans la bonne vieille France. Aussi la présentation de l’expo photo à des militants bretons et notamment ceux de Frères des Hommes, nous a permis de leur faire partager notre réflexion et d’accueillir leurs critiques constructives la concernant. Cela a était instructif pour nous de découvrir plus en détails certaines réflexions qui se trament en milieu rural, avec un public touché de près ou de loin par les problématiques paysannes.
Par la suite nous avons participé à un débat sur le thème de la ruralité : pour UNE fois, l’exploitant et l’esclave étaient réunis ensemble lors d’une réflexion collective.
Grace à ce débat mouvant – atelier qui stimule la discussion par un positionnement des participants suivant deux axes (d’accord/pas d’accord avec telle ou telle affirmation) – il a été possible de partager des réflexions sur les différents ressentis et perceptions de ruraux et d’urbains, tous les deux acteurs de leur territoire. Le lien avec notre projet était flagrant, puisque schématiquement les ruraux produisent et les urbains consomment ! La mise en parallèle de ces deux contextes laisse entrevoir des problématiques qui sont globales, au Nord comme au Sud.
Le lien entre producteurs et consommateurs est devenu purement commercial (l’un produit l’autre consomme, le tout sans se rencontrer). L’enjeu d’une production et d’une consommation est surement de repenser les échanges et de construire des formes d’échange à taille humaine.

Débat mouvant portant sur l'implication des gens sur leur territoire respectif (rural/urbain) animé par Manolo (Emmanuel Louail, Frères des Hommes)

Cette réflexion était donc enrichissante, puisqu’elle nous a permis de comprendre la difficulté pour un consommateur notamment urbain, d’établir un lien de proximité avec le producteur, même à coté de chez lui … alors à des milliers de kilomètres imaginez vous !
En tout cas au Sri Lanka comme en Bretagne on se mobilise pour créer ce changement : « producteurs/consommateurs de tous les pays unissez-vous ! ».

Kenavo les bouzeux !

Et merci pour votre accueil !!!

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