Qu’est ce qu’on fait ? Bonne question …

Bah en fait on se pose des questions sur ce qu’on consomme, notamment le thé. Comme on est des grands amateurs de thé, on a cherché à comprendre ce qu’on mettait dans notre tasse. Du coup, on mène notre petite enquête. Elémentaire mon cher Watson ! D’abord là où on le produit ce thé, à des milliers de kilomètres de notre supermarché préféré. Au Sri Lanka par exemple, où le centre de l’ile est le pré carré du business du thé. Développé par les anglais au 19ème, et basé sur l’exploitation d’ouvriers agricole, le commerce du thé n’a guère évolué. Le bon vieux temps des colonies !

Dans cette zone grande comme deux départements, du petit thé, du petit thé, encore du petit thé. On ne produit que çà et la quasi totalité est exportée dans le monde entier pour enchanter nos petit dèj ainsi que nous aider à digérer. En France c’est plus de 6 personnes sur 10 qui boivent du thé.
On a donc voulu savoir et comprendre pourquoi à des milliers de kilomètres des personnes continuaient de trimer pour nos beaux yeux. Mais comme on n’est pas des professionnels et que jusqu’à preuve du contraire personne ne détient LA réponse mais plutôt sa vérité on a décrété que ca serait une enquête populaire ! On cherche donc surtout à collecter l’avis de la population, qui n’est jamais vraiment consultée et pis tu peux me citer un endroit où l’on échange sur des questions de ce type ?

Pour revenir à nos moutons, à travers ce travail de recueil de témoignages, on prend le temps d’organiser des ateliers d’expression populaire type « porteur de parole » où l’on questionne les passants, les gens dans la rue sur des aspects de notre consommation. Si tu veux vraiment savoir, suit les activités du blog ! Notre travail d’enquête ne se résume néanmoins pas uniquement qu’à ça.

Comme alternative, on nous a de suite vendu le commerce équitable comme la solution miracle à un commerce par nature pas juste. Sauf que dans la réalité il n’existe pas un commerce équitable mais plutôt des commerces équitables tant les différences d’un acteur à l’autre sont grandes. L’essor des filières équitables et des nombreuses initiatives citoyennes au Nord comme au Sud nous pousse à l’action mais surtout à l’échange et à la réflexion. On rencontre donc les acteurs du commerce équitable pour recueillir leur vision du commerce lié au thé et les interpeler à partir du travail de notre partenaire HDO dans les plantations et à partir de l’expression populaire recueillie dans les rues.

A quoi ça mène tout ça ?

A un documentaire vidéo on l’espère ! Il retracera tous nos ateliers d’expression, les entretiens, des réflexions sur la route que prend notre petit sachet de thé ainsi que sur les conditions de travail là bas, mais aussi ici chez les vendeurs.

« Dis donc ça n’a pas l’air funky votre truc !?!!??? »

Et pourtant ça l’est, y’en a marre des conférences débat où des experts viennent nous sortir des trucs imbuvables sans prendre en compte finalement les avis des participants, enfin spectateurs plutôt. Ca se résume trop à « y’en a qui pensent pour vous ! ». On n’apporte pas de vérité, on n’en voit pas l’intérêt. C’est juste ras le bol de consommer ce qu’on nous dit de consommer sans s’intéresser à ce qui se cache finalement derrière les produits. Alors on a pris le thé mais on aurait pu prendre le coton, le café, le chocolat ou encore tout autre produit d’exportation.
On réalise par ailleurs des animations d’éducation aux solidarités et à la citoyenneté qui auront lieu sur les festivals de cet été. Parce qu’en jouant on peut s’ouvrir à la réflexion, nous expérimenterons les jeux de rôles, le théâtre, bref différents happening pour éveiller la curiosité et les consciences. On ne va quand même pas toujours s’endormir sur notre caddie ou devant la télé. On va donc s’essayer à jouer des petites scènes de théâtre sur nos modes de consommation et mettre en place une exposition photo interactive et itinérante. On va réaliser des petits courts métrages (qu’on passera sur les espaces chill out) sur les conditions de travail dans les plantations de thé mais aussi ici, car la caissière de grande distribution se trouve dans un schéma pas si différent !
Et pis on se laisse aussi une marge de manœuvre suivant les paroles recueillies des badauds, citoyens, consommateurs ou militants pour faire évoluer notre projet et se laisser porter par une mer d’avis citoyens mais en gardant la barre bien droite.
Sans oublier la fin du fin, l’objectif que l’on n’ose pas s’avouer, à savoir faire bouger les choses concrètement ici et là bas. On ne va donc pas rater les « grands », nos chefs, ceux qui décident de ce qu’on mange ou qu’on ne mange pas. Média, politiques, industriels vous êtes prévenus !
Votre système à la con, c’est pas notre tasse de thé !